Haïti: Crise sécuritaire et économique: Impact sur le secteur informel, quel avenir pour les Madan Sara?
Par La Rédaction · Port-au-Prince · · 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Le gouvernement a signé un protocole avec le Rasanbleman des Madan Sara (RAMSA) en décembre 2024, allouant une subvention de 8 millions de gourdes. Un autre accord a été signé le 3 septembre 2024 avec la Fédération Haïtienne des Petites Moyennes Entreprises. Jusque-là rien n’a changé, la plupart de ces fonds ne sont pas débloqués. Initiatives de structuration et de microcrédit existantes L’ONG Fonkoze a mis en place un programme visant les Madan Sara, avec un accès au microcrédit à taux souples, des formations à la gestion financière et un accompagnement en protection sociale, a rapporté le journal The Haitian Times. Jusqu’à aujourd’hui, plus de 5 000 Madan Sara ont bénéficié de prêts, avec un taux de remboursement supérieur à 90% et une amélioration des marges de 30 à 50%. Au-delà de ce soutien partiel, de nombreux acteurs réclament une stratégie plus ambitieuse: modernisation des espaces de vente, infrastructures de conservation, sécurisation des routes, accompagnement institutionnel… indispensables pour revitaliser efficacement cette économie vitale. Entre résilience et vulnérabilité Dans le grand Nord, la plateforme des femmes organisées pour le développement de l’Artibonite (PLAFODA) essaie d’éviter certains dangers sur les routes. Louisette Vertilus, présidente de cette association a confié à l’émission Thermomètre sur radio Solidarité qu’un réseau de femmes commerçantes opèrent dans la région. «Nous vendons entre nous en fonctions des besoins sur place», a-t-elle expliqué. Les Madan Sara incarnent un rouage essentiel de l’économie haïtienne: elles assurent la circulation des produits agricoles, stabilisent les prix, et représentent une force économique majeure. Pourtant, elles sont aujourd’hui confrontées à une double peine: crise économique et insécurité, sans contrefort institutionnel suffisant. Bien que des initiatives existent sous la forme de microcrédit, subventions limitées, elles restent dispersées et insuffisantes face à l’ampleur des défis. Pour éviter l’effondrement de ce pilier vital, il est impératif que l’État et ses partenaires adoptent une approche intégrée et durable: sécurité, infrastructures, formalisation, accompagnement financier et logistique. Jean Mapou



