Haïti – Transition politique: la CARICOM est retour
, 22 Octobre 2025 — À moins de quatre mois du terme officiel du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le climat politique haïtien entre dans une phase de recomposition accélérée.
Par La Rédaction · Port-au-Prince · · 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Port-au-Prince, 22 Octobre 2025 — À moins de quatre mois du terme officiel du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le climat politique haïtien entre dans une phase de recomposition accélérée. Les principales forces partisanes, jusque-là divisées ou attentistes, s’activent désormais pour définir les contours de « l’après 7 février 2026 ». Dans les coulisses du pouvoir comme dans les chancelleries étrangères, le constat est unanime : le départ du CPT semble désormais inéluctable.
Mis en place en avril 2024 sous l’égide de la CARICOM, le ( CPT ) conseil présidentiel de transition devait stabiliser la situation, rétablir la sécurité et conduire le pays vers des élections crédibles. Dix-huit ( 18 ) mois plus tard, le bilan est désastreux.
La violence s’est intensifiée dans l’Ouest et l’Artibonite, les bandes armées contrôlent de larges portions du territoire, et les institutions étatiques se sont davantage effritées. « Les membres du CPT tâtonnent depuis leur installation, pendant que la situation empire de jour en jour », confie un membre de la Kominote Pwogresis Ayisyen.
Dans plusieurs quartiers populaires de Port-au-Prince, l’impression dominante est celle d’un pouvoir absent. Comme le souligne le journaliste Robenson Geffrard : « Ou ka santi jan gwoup kriminèl yo gen yon rayisman pwofon pou popilasyon an… », une phrase lourde de sens, qui illustre le divorce complet entre l’État et les citoyens.
Face à cette impasse, plusieurs partis politiques traditionnels dont Fanmi Lavalas, PHTK, KID, OPL, RDNP, UNIR et beaucoup d’autres ont entamé une série de rencontres discrètes ces dernières semaines. Objectif : élargir le consensus et préparer une transition sans le CPT.
Selon les informations recueillies, ces formations politiques se réunissent pour discuter d’un nouveau cadre de gouvernance censé éviter le vide institutionnel du 7 février 2026.
Un dirigeant politique impliqué dans les pourparlers confie :
« Le ( CPT ) conseil présidentiel de transition a échoué, tout comme les signataires de l’Accord du 3 avril. Nous devons penser à une formule de remplacement plus crédible, plus ouverte, et sans les divisions du passé. »
Le 20 octobre 2025, plusieurs figures influentes, dont Liné Balthazar (PHTK), Pasha Vorbe (Fanmi Lavalas), André Michel (SDP/21 Décembre), Alex Larsen (INITE/21 Décembre), Enold Joseph (KID), Rosny Cadet (ASE) et Jean Gué (Vérité), se sont rencontrées à Port-au-Prince pour jeter les bases d’un nouveau front de dialogue.
Le tournant est survenu avec la lettre officielle du Groupe de Personnalités Éminentes (Eminent Persons Group, EPG) de la CARICOM, adressée aux secteurs représentés au sein du ( CPT ) conseil présidentiel de transition. Le document, révélé par Gary Pierre Paul Charles sur son compte X, marque une inflexion majeure dans la crise : la CARICOM reprend la main sur le processus haïtien.



