Quand les Dominicains se tournèrent vers Haïti : Boyer et l’unification de l’île
Par La Rédaction · Port-au-Prince · · 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Les historiens s’accordent à reconnaître que l’Espagne, par le traité de Bâle du 22 juillet 1795, céda à la France la partie orientale de l’île de Saint-Domingue. Dès lors, l’ensemble de l’ancienne Ayiti passa sous domination française. Lorsque les esclaves insurgés remportèrent la victoire sur les colons, l’indépendance proclamée préliminairement à Fort-Liberté le 19 novembre 1803 et solennellement aux Gonaïvesle le 1er janvier 1804 concerna l’île entière, occupée à l’ouest par les Haïtiens et à l’est par les anciens colons espagnols, devenus dominicains.
Les documents officiels de l’époque n’établissaient d’ailleurs aucune distinction entre les deux parties de l’île (française et espagnole depuis le traité de Ryswick du 20 septembre 1697). Au 1er janvier 1804, l’île paraissait donc totalement haïtienne. Au moment de la capitulation du Cap en 1803, Rochambeau avait pensé passer à l’est pour continuer la lutte. Ce projet ne put être réalisé par suite du siège du Cap par les troupes indigènes. Mais, Jean- Louis Ferrand, commandant de Santiago, par un stratagème, prenait le commandement de Santo-Domingo des mains de Kerverseau. Malgré l’indépendance de la colonie, Ferrand et ses 1500 hommes de l’expédition Leclerc adoptent une politique de force vis à vis du jeune État. Toutefois, l’échec de la campagne de l’est entreprise par Dessalines en février 1805, permit à cette partie d’échapper durablement à l’autorité haïtienne.
L’Est dans les tourmentes internationales
Entre 1807 et 1810, la partie orientale participa au vaste mouvement de résistance latino-américain contre l’occupation napoléonienne de l’Espagne. Elle se plaça un temps sous la protection britannique avant de retomber dans l’anarchie politique. En 1815, le Congrès de Vienne restitua officiellement ce territoire à l’Espagne.
Durant cette période, le roi Henri Christophe maintint une influence indirecte sur l’est. En 1810, il soutint les insurgés contre Ferrand, et Serapio Reynoso occupa Santiago un temps en son nom. Certains patriotes espagnols sollicitèrent même une annexion à son royaume du Nord, mais Christophe, préoccupé par la division de l’ouest, se limita à leur fournir armes et appuis en 1811.
La République éphémère de l’est
En 1821, José Núñez de Cáceres (1772-1846), écrivain et homme d’État dominicain, proclama l’indépendance de l’est sous le nom d’Haïti Espagnol (première indépendance de la République dominicaine avant l’ annexion de 1822) . Cette initiative déclarée le 30 novembre 1821, soutenue par une minorité, suscita plusieurs projets concurrents : rattachement à la Colombie de Bolívar ou rapprochement avec Haïti. Dans les provinces frontalières, notamment la Vega et le Cibao qui arborèrdnt dans leurs à leurs frontons le drapeau bleu et rouge d’Haïti , le sentiment pro-haïtien dominait.



