Médiatisation des enquêtes sous le règne de Normil: Un équilibre fragile entre besoin d’informer et atteinte aux droits fondamentaux
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Pour l’ex parlementaire Rameau Normil avait une chasse à l’encontre sa personne en raison de ses relations personnelles et professionnelles avec le premier ministre, un ami de longue date date. « L’avis de recherche et ses chefs d’accusation contre moi sont absolument faux et infondés. Il s’agissait des persécutions politiques », s’est plaint Alfredo Antoine, en conférence de presse cette semaine. Dans ce précis et d’autres similaires qui pensent avoir été publiquement mises en cause, la loi haïtienne prévoit théoriquement des voies de recours. Elles peuvent engager des actions en diffamation ou en réparation pour préjudice moral. Toutefois, dans la pratique, ces procédures sont rares et complexes, notamment face à l’État ou à une institution policière. Les conséquences sociales d’une accusation médiatisée, stigmatisation, perte d’emploi, atteinte à la réputation, sont souvent irréversibles, même après un acquittement. Une source proche de l’ex-commandant en chef a confié qu’un policier de l’UDMO avait été victime de cette machine de communication excessive. Jean Junior Cadet avait été présenté par erreur dans la rubrique Alo Lapolis comme étant proche du groupe armé Viv Ansanm. Et après avoir clarifié la situation la DCPJ qu’elle s’était trompée de visage pour le même nom. Mais le policier reste quand même sali en dépit de la rectification du tir. La position des organisations de droits humains Plusieurs dirigeants d’organisations de défense des droits humains se sont montrés préoccupés par cette question. Pout eux «informer la population est nécessaire, mais cela ne doit jamais se faire au détriment des garanties fondamentales. La présomption d’innocence est un pilier de l’État de droit». De son côté, Dabensky Gilbert de l’ORDEDH estime que «la PNH doit revoir ses protocoles de communication et former ses porte-paroles sur les limites légales de la diffusion d’informations judiciaires». Un équilibre fragile, un débat à rouvrir À l’heure où les réseaux sociaux amplifient instantanément chaque image ou déclaration, la médiatisation des enquêtes exige un encadrement plus strict. Entre nécessité d’informer et protection des droits, l’équilibre reste fragile. La PNH, le parquet et les médias devront, à l’avenir, repenser leurs pratiques quand il s’agit d’informer. Il faut prioriser la loi dans les narratifs concernant la présentation des personnes ayant des démêlés avec la loi, afin d’éviter que la lutte contre l’insécurité ne se traduise par des atteintes irréparables aux libertés individuelles. Jean Mapou



