Abinader parle au nom d’Haïti : Mais qui lui a donné ce mandat ?
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Le 6 février 2025, une note publiée sur le site du Département d’État américain a fait état des conclusions d’une visite du secrétaire d’État Marco Rubio en Amérique latine. Pour entamer son mandat, ce dernier s’est rendu au Panama, au Guatemala, au Salvador, au Costa Rica et en République dominicaine, où une conférence de presse conjointe a été organisée entre les gouvernements dominicain et américain. La rencontre s’est tenue dans l’allée de l’Ambassadeur, siège du gouvernement dominicain.
Abinader mise sur la coopération régionale
Le président Luis Abinader a exposé les grandes lignes des discussions avec le secrétaire d’État Marco Rubio, mettant l’accent sur trois axes majeurs, tout en prenant soin de vanter le rôle stratégique de la République dominicaine en tant qu’allié clé dans la région en matière de sécurité : la coopération sécuritaire; les questions migratoires; les zones franches et le commerce bilatéral.
Abinader et la crise haïtienne : un porte-parole auto-proclamé ?
Sans grande surprise, Luis Abinader, qui semble s’être auto-proclamé porte-parole d’Haïti sans mandat des Haïtiens, a profité de sa rencontre avec Marco Rubio pour évoquer la crise haïtienne. Exploitant le vide institutionnel qui paralyse Haïti, il a plaidé pour une réponse robuste et coordonnée de la communauté internationale.
S’il affirme qu’ «il n’existe pas de solution dominicaine à la crise haïtienne», une question s’impose : Qui a sollicité une solution dominicaine ?
L’implication active de la République dominicaine dans la crise haïtienne est-elle motivée par une réelle volonté d’aider, ou par des intérêts stratégiques liés à la migration et à l’économie ? Aucune réponse claire à l’horizon.
Le président Abinader a insisté sur l’urgence d’un soutien financier accru pour la mission menée par le Kenya, censée ramener une certaine stabilité en Haïti. Sur la même lancée, il a décrit la situation haïtienne en des termes alarmants, la qualifiant de « jour de feu et de sang ». Il est même allé jusqu’à affirmer qu’Haïti se noie et représente une menace sécuritaire pour la région, y compris pour les États-Unis.
Ces propos font écho à ceux de Marco Rubio lors de son audition au Sénat américain. Abinader a réitéré que ni la République dominicaine, ni les États-Unis ne peuvent se soustraire à leurs responsabilités dans cette crise. Il a également insisté sur la nécessité d’une détermination ferme, déclarant que « le leadership américain est indispensable et irremplaçable ».
Mais alors, Monsieur le « porte-parole d’Haïti », cette déclaration reflète-t-elle la position de la République dominicaine ou celle du pays de Jean Jacques Dessalines ?
Une surveillance accrue du territoire haïtien s’impose



