André Jonas Vladimir Paraison : un vétéran de la PNH face à l’épreuve de la direction générale
Par Gesly Sinvilier · Port-au-Prince
· 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Sous la présidence de Michel Martelly, il a été l’un des principaux artisans de la création de la BOID (Brigade d’Opération et d’Intervention Départementale), unité d’intervention rapide. Plus récemment, il a pris l’initiative de mettre sur pied l’UTAG (Unité Tactique Anti-Gang), destinée à lutter plus efficacement contre les groupes armés. Dans les coulisses, le Premier ministre Didier Fils Aimé lui a aussi confié la direction d’une Task Force chargée de développer de nouvelles approches opérationnelles pour combattre les gangs. Son parcours est également marqué par une expérience internationale : il a fréquenté l’école militaire en Équateur et au Chili, et a suivi de nombreuses formations spécialisées aux États-Unis. Sur le terrain, il a été blessé à la jambe lors d’une opération contre des gangs armés. Ce qui, dans l’opinion, a renforcé son image de commandant exposé aux mêmes dangers que ses hommes. Polémiques et zones d’ombre La carrière de Paraison n’a pas été exempte de controverses. En 2018, alors qu’il dirigeait la sécurité du Palais national, un mandat d’arrêt a été émis contre lui dans le cadre d’une enquête pour trafic d’armes liée à des faits présumés remontant à 2016. Cette affaire, qui l’a conduit à démissionner de son poste, a finalement été classée sans suite en mai 2019 faute de preuves suffisantes. Pour ses détracteurs, cet épisode reste une ombre sur son parcours ; pour ses soutiens, il illustre plutôt les rivalités et luttes de pouvoir qui traversent la PNH et le milieu politique. Une opinion publique partagée L’arrivée de Paraison à la tête de la PNH suscite des réactions contrastées. Ses soutiens le présentent comme un professionnel aguerri, capable de “changer la peur de camp” comme il l’a affirmé lors de son discours d’investiture. Ils voient dans sa connaissance du terrain, son passé opérationnel, ses innovations tactiques (BOID, UTAG) et sa formation internationale des atouts pour reprendre l’initiative face aux gangs armés. Tandis que ses critiques craignent que ses liens passés avec certains cercles politiques ne limitent son indépendance et nuisent à l’assainissement de l’institution. Cette nomination intervient dans un climat où la PNH est largement perçue comme impuissante à protéger la population contre l’emprise croissante des gangs armés. Ce qui alimente le scepticisme général. Des attentes immenses et une mission à haut risque Les défis qui attendent Paraison sont considérables. Dans un pays où de larges portions du territoire échappent au contrôle de l’État, il devra :
- Reprendre le terrain perdu face aux gangs armés ;
- Restaurer la confiance entre la population et la PNH ;
- Renforcer la discipline et la formation interne ;
- Moderniser les moyens logistiques et de renseignement ;
- Assurer la coordination avec les partenaires internationaux dans le cadre d’un appui sécuritaire extérieur.



