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Haiti: l’accord du 3 avril et les faux pas d’une transition en déroute
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 4 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

La démission forcée du Premier ministre Ariel Henry, retenu à l’extérieur du territoire national dans un contexte d’insécurité et de paralysie institutionnelle, a ouvert une nouvelle séquence politique en Haïti. Dans l’urgence et sous pressions internes et internationales, des représentants issus de six secteurs politiques économiques, sociaux et religieux (accord de Montana, accord du 21 décembre, pitit Dessalines, RED/EDE/Compromis historique /REN/Inter Foi, groupe de la société civile) ont conclu un accord politique visant à instaurer une transition pacifique et ordonnée. Cet accord a donné naissance à un exécutif bicéphale composé d’un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et d’un gouvernement transitoire.
I. Architecture et ambitions de l’accord du 3 avril 2024
L’accord politique, structuré en 16 sections et 53 articles, fut signé par 23 personnalités politiques représentant six blocs ou six secteurs. Ces signataires ont institué un Conseil Présidentiel de Transition composé de 9 membres : 7 conseillers à voix délibérative et 2 observateurs, chargés d’orienter la transition et de nommer un gouvernement avec pour mission trois priorités majeures: restaurer la sécurité, lancer des réformes constitutionnelles et institutionnelles, organiser des élections générales, crédibles et démocratiques.
Il s’agissait, en somme, de rétablir la fonctionnalité de l’État, de restaurer la confiance citoyenne et de créer les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel.
II. Les défaillances structurelles du CPT au regard de l’accord du 3 avril
Dès son installation officielle, le 24 avril 2024, le CPT a accumulé des manquements significatifs aux prescriptions mêmes de l’accord qui le fonde. Plusieurs dispositions essentielles n’ont pas été respectées, compromettant la légitimité et l’efficacité du processus.
Ces organes étaient pourtant indispensables pour encadrer l’action de l’exécutif, renforcer la lutte contre la corruption, définir une politique sécuritaire cohérente et amorcer un processus de justice transitionnelle.
- L’adoption de la présidence tournante une violation initiale de l’article 4.1
- L’absence d’institutions transitoires prévues par l’accord
Ces organes étaient pourtant indispensables pour encadrer l’action de l’exécutif, renforcer la lutte contre la corruption, définir une politique sécuritaire cohérente et amorcer un processus de justice transitionnelle.
- La tentation électoraliste : une violation de l’article 49