Haïti : Restitution, Réparation et réhabilitation, deux cents ans déjà
Bay kou bliye pote mak sonje : 1825-2025, le bicentenaire de la multi-rançon pour la « reconnaissance » de l’indépendance de la première République noire indépendante du monde. A.
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 6 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Bay kou bliye pote mak sonje : 1825-2025, le bicentenaire de la multi-rançon pour la « reconnaissance » de l’indépendance de la première République noire indépendante du monde.
A. DE LA MULTI-RANÇON D’HAÏTI PAYÉE À LA FRANCE
Le 17 avril 2025 marquera, jour pour jour, le bicentenaire de l’ordonnance du roi Charles X par laquelle la France avait contraint la jeune République haïtienne à payer cent cinquante (150) millions de francs-or en vue de dédommager les anciens colons esclavagistes de la colonie de Saint-Domingue. Par cette ordonnance, le monarque aurait voulu satisfaire les revendications de ces exploitants/spoliateurs, eux qui réclamaient réparation pour les dommages qu’ils avaient subisau cours de la guerre de l’indépendance haïtienne. En effet, nos ancêtres avaient entrepris une guerre meurtrière et de chambardement total du système esclavagiste après avoir connu pendant plus de 300 ans (1492-1803) les atrocités de ce système, le plus barbare institué par les Européens. Pourtant, un tel système était tellement juste et légitime aux yeux des puissances occidentales que la rébellion de nos ancêtres fut considéré comme quelque chose d’inacceptable, une anomalie. Il fallait donc tout faire pour soit corriger l’anomalie, soit étouffer la jeune nation. D’où ce cycle criminel d’endettement absurde qui, officiellement, a duré pas moins de cent vingt-sept ans (127) ans (entre le XIXème et le XXème siècle), dont la société haïtienne se ressent toujours cruellement. Ce dispositif d’étouffement et de paralysie a soumis notre jeune nation a une économie rachitique, moribonde et extraverti tout au long des deux premiers siècles de son existence.
Aujourd’hui, appauvrie et avilie par les puissances occidentales, notre Haïti peine à se relever de la situation chaotique dans laquelle elle est embourbée. Notre pays risque de ne pas survivre à son effondrement s’il ne se donne pas les moyens adéquats pour sa pérennisation. C’est dans cetteperspective qu’a pris naissance cette organisation de la société civile dénommée HAITI-3R (Haïti : Restitution, Réparation et réhabilitation) qui, en cette année du bicentenaire de ladite ordonnance, je réclame de la France néocolonialiste réparation et restitution. Restitution de nos 115 milliards de dollars américains dus ; réparation pour cet exceptionnel racket historique.
B. DE LA DEUXIÈME RANÇON D’HAÏTI À LA FRANCE
Comment la France nous a forcé la main à accepter de payer une rançon multiple à travers l’ordonnance de Charles X ? L’extrait suivant donne une idée du braquage monstrueux que nous avons subi seulement 21 ans après la proclamation de notre indépendance. L’article 1er de cette dite ordonnance stipule : « les ports de la partie française de S.-Domingue seront ouverts aux commerce de toutes les nations. Les droits perçus dans ces ports, soit sur les navires, soit sur les marchandises tant à la rentrée qu’à la rentrée qu’à la sortie seront égaux et uniformes pour tous les pavillons, excepté pour les pavillons français, en faveur duquel ces droits seront réduits de moitié ». Sur la base de quoi la France s’autorisait le droit de payer seulement la moitié de ses taxes douanières au fisc ? N’y a-t-il pas là un autre manque à gagner pour Haïti ? Cette exonération 50% des tarifs douaniers impayés par la France à Haïti, ne constitue-t-elle pas une deuxième rançon d’Haïti versée dans l’économie de la France ? Ne s’agit-il pas littéralement d’un rapt classique du pays à travers cette « ordonnance » ? En lisant cet article, on conviendra qu’il y a lieu de parler, pour le moment d’une double rançon, parce que d’une part, on a imposé à la jeune République de payer une somme de 150 000 000 de franc-or, mais encore, il a fallu, parallèlement, exonérer la France de 50% des tarifs douaniers. Tout bien considéré, il est indéniablement qu’il s’agitd’un deuxième manque-à-gagner sur le plan économique et financier et par ricochet sur le plan du développement du Pays victorieux de la guerre.



