Les diplômés de l’EDSEG appelés à porter haut l’héritage de Monferrier Dorval
Le 24 avril 2026, l’École de Droit et des Sciences Économiques des Gonaïves (EDSEG) a célébré sa promotion Monferrier Dorval. Marraine de cette promotion, la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dr Sandra Paulemon, a prononcé un discours solennel invitant les jeunes diplômés à faire du droit un rempart contre l’arbitraire et un levier pour le développement du pays.
Par Jean Wesley Pierre · Port-au-Prince
· 3 min de lecture
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

C’est avec émotion et gravité que Mme Sandra Paulemon s’est adressée aux nouveaux diplômés de l’École de Droit et des Sciences Économiques des Gonaïves. Devant le conseil de direction de l’institution, les représentants des corps constitués, le parrain de la promotion et les familles, la ministre a tenu à rappeler la charge particulière que confère le nom choisi par cette promotion : Monferrier Dorval, éminent juriste et professeur assassiné, symbole de l’engagement pour l’État de droit en Haïti.
« Ce nom est plus qu’un symbole. Il est une exigence. Il est une ligne de conduite. Il est un engagement », a déclaré d’emblée la ministre Paulemon, qui n’a pas caché sa fierté d’être la marraine de cette promotion.
Un héritage qui oblige
Pour la ministre, l’hommage à Monferrier Dorval ne saurait se réduire à une simple cérémonie mémorielle. Il engage les diplômés à s’inscrire dans « une tradition de rigueur intellectuelle, de discipline, d’excellence et de fidélité aux principes fondamentaux du droit ».
S’adressant directement aux jeunes juristes, elle leur a rappelé que le droit ne se limite pas à des textes. « Il organise la société, protège les libertés, encadre les responsabilités et garantit l’équilibre nécessaire au bon fonctionnement de toute nation », a-t-elle insisté.
Le droit, fondement du développement
La Dr Paulemon, également membre du gouvernement, a profité de son discours pour établir un lien direct entre la justice et le développement. « Il ne peut y avoir ni développement durable, ni coopération efficace, ni progrès économique et social sans un cadre juridique solide, stable et respecté », a-t-elle martelé.
À son poste de ministre de la Planification et de la Coopération externe, elle affirme constater chaque jour « combien la sécurité juridique favorise la confiance, encourage les investissements et permet la mise en œuvre de politiques publiques durables ». C’est pourquoi, selon elle, la responsabilité des diplômés dépasse largement leurs parcours individuels : elle « participe directement à l’avenir du pays ».
Un appel à la rigueur et à l’intégrité
La marraine de la promotion n’a pas éludé les difficultés du contexte haïtien. Dans une société en quête de stabilité et de confiance, a-t-elle rappelé, le rôle des juristes est essentiel pour consolider les institutions, renforcer la crédibilité de la justice et bâtir un avenir plus juste.
Elle a exhorté les diplômés à faire prévaloir en toutes circonstances :
• la rigueur sur la facilité,
• la justice sur l’intérêt personnel,
• l’éthique sur les compromis dangereux,
• le respect de la loi sur toute forme d’arbitraire.
« Refusez la facilité. Refusez l’indifférence. Refusez l’abandon des principes », a-t-elle lancé, avant de conclure par un message d’encouragement solennel : « Soyez les artisans d’une justice respectée. Soyez les bâtisseurs d’institutions solides. Soyez les défenseurs constants du bien commun. »
Une promotion placée sous le signe de l’inspiration durable
En s’adressant à ses « filleuls », comme elle a aimé les appeler, la Dr Sandra Paulemon leur a demandé de faire en sorte que le nom de Monferrier Dorval ne reste pas « seulement celui d’un hommage, mais celui d’une inspiration durable dans [leur] parcours professionnel et humain ».
La cérémonie de l’EDSEG a ainsi offert un moment rare de gravité et d’espoir, dans un pays où la justice et les institutions peinent à trouver leurs repères. Aux jeunes diplômés, désormais, de prouver qu’ils sont à la hauteur du nom qu’ils portent.



