Quand la sécurité, priorité absolue des haïtiens, est compromise, l’État doit s’activer
Par La Rédaction · Port-au-Prince
· 5 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Depuis la création de la coalition criminelle, Viv Ansanm, les gangs se renforcent pour coordonner et lancer leurs attaques, décuplant ainsi le nombre des morts et des blessés par balles. Alors que d’un autre côté, l’absence de résultat probant met en relief le manque d’organisation et d’harmonisation des responsables de l’Etat. Cet article analyse en profondeur les causes de la défaillance de l’État haïtien face à la criminalité organisée et certaines pistes de solutions._
L’insécurité caractérisée par la violence des gangs armés est devenue un obstacle majeur au progrès social et économique des communautés. Depuis plus d’une dizaine d’années les gangs se répandent dans des zones autrefois libres, forçant les résidents à fuir leur domicile.
Port-au-Prince, la capitale, et sa périphérie sont devenues des territoires perdus. Les gangs, dans certains cas plus nombreux ou plus puissants que les forces de l’ordre, s’emparent des infrastructures clés et imposent leur règle. Ils violent, pillent, incendient et tuent des gens ordinaires; punissant brutalement ceux qui osent défier leurs règles ou qui sont soupçonnés de collaborer avec la police ou les groupes d’autodéfense, selon ce que rapportent les médias locaux.
Cette situation recale le pays sur l’échelle des droits humains, regrette Jemps Meralus, Directeur Exécutif de la Ligue Haïtienne de Défense des Droits de l’Homme. L’État perd ses moyens devant la férocité des gangs armés et même le droit de vivre n’est plus garantie, soutient-il.
*Les autorités sont dépassées par la situation et laissent la politique prendre le dessus*
La violence des gangs prend une proportion jamais constaté dans l’histoire contemporaine d’Haïti, a fait remarquer le colonel Hymmler Rebu, ancien ministre, ancien membre des Forces Armées d’Haïti (FAD’H). «Trop de laisser-aller nous a entraînés au fond de l’abîme… ils perdent la maitrise de la situation », analyse-t-il lors de sa participation dans une émission sur une station de la capitale.
Selon Rebu, il faut commencer par retirer la PNH sous l’influence politique du CSPN pour aboutir à sa dépolitisation et regagner la confiance de la population. « La police doit-être 70% technique et 30% politique, alors qu’on est en train de constater l’inverse », argumente-t-il, regrettant un tel état de fait. Rebu déplore aussi que celle-ci prend trop de place et submerge l’institution.
« Trop de considérations politiques lorsque les agents doivent intervenir dans des situations cruciales», a-t-il déclaré. Pour lui, il n’y a pas 36 solutions: ôter la police de la tutelle du Ministère de la justice pour la placer sous la responsabilité du ministère de l’intérieur. «Dans tous les pays sérieux au monde la police est placée sous la tutelle du Ministère de l’intérieur», a-t-il martelé.



