Guerre en Ukraine : les négociations toujours dans l’impasse
Par Gesly Sinvilier · Port-au-Prince
· 3 min de lecture · Mis à jour le 24 avril 2026
Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

Déclenchée en février 2022 par l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie, la guerre qui ravage l’est de l’Europe s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes entre Moscou et l’Occident. Le Kremlin justifiait alors son offensive par la volonté de « protéger » les populations russophones du Donbass et de prévenir l’élargissement de l’OTAN à ses frontières.
Toutefois, cette agression a été largement condamnée par la communauté internationale, donnant lieu à un conflit d’ampleur, marqué par des milliers de morts, des déplacements massifs de population, ainsi qu’un bouleversement durable de l’ordre européen.
En mai 2025, plus de trois ans après le début des hostilités, la guerre perdure, et les efforts diplomatiques pour parvenir à une désescalade ou à une paix durable demeurent difficiles. Malgré de nombreuses médiations internationales, aucune solution négociée n’a jusqu’ici pu émerger. Les discussions les plus récentes, notamment entre les États-Unis et la Russie, n’ont abouti à aucun résultat concret, illustrant l’enlisement du processus diplomatique.
À cet égard, l’échange téléphonique de deux heures entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, tenu le 19 mai 2025, n’a débouché sur aucune avancée notable. Alors que Washington proposait un cessez-le-feu de 30 jours — déjà accepté par l’Ukraine — Moscou a opposé une fin de non-recevoir à cette proposition. Le Kremlin continue d’exiger des conditions inacceptables pour Kiev, parmi lesquelles la démilitarisation totale du pays, l’abandon de ses ambitions euro-atlantiques, et la reconnaissance officielle de l’annexion des territoires ukrainiens occupés. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, quant à lui, a réitéré que toute solution négociée sans la participation active de l’Ukraine serait non seulement illégitime, mais aussi inefficace à long terme.
En parallèle, l’approche bilatérale des États-Unis, centrée sur des échanges directs avec la Russie, suscite des critiques croissantes en Europe. Nombre d’alliés occidentaux se sont sentis écartés du processus. En réaction, six puissances européennes — la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, l’Italie et l’Espagne — ont constitué l’alliance diplomatique « Weimar+ », en février 2025. Ce groupe vise à renforcer la voix de l’Europe dans les négociations de paix, tout en défendant les intérêts de l’Ukraine sur la scène internationale. De plus, des initiatives comme la « coalition de volontaires », lancée par Emmanuel Macron et Keir Starmer, visent à apporter à l’Ukraine un soutien sécuritaire renforcé, indépendamment de l’évolution des discussions diplomatiques.
Par ailleurs, l’attitude des États-Unis reste ambiguë. Si Donald Trump se positionne comme un possible médiateur, son discours oscille entre fermeté et désengagement. Frustré par l’absence de résultats concrets, il a évoqué la possibilité d’un retrait américain du processus si aucun progrès n’est réalisé. Cette déclaration a provoqué des tensions supplémentaires avec Kiev, d’autant que, lors d’une visite officielle à la Maison-Blanche en février 2025, le président Zelenskyy s’est vu publiquement critiqué par Trump et son vice-président JD Vance. Ce qui a fragilisé davantage les liens entre les deux alliés.



