Le couple sino-americain entre rivalité ou piège de Thucydide?
Par Admin · Port-au-Prince
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Version française originale — source de référence du Relief. Notre politique de traduction

La visite récente du président américain Donald Trump au sein de l’« empire du Milieu », la Chine, marque un tournant dans les rapports entre les deux superpuissances. Depuis le célèbre ouvrage du professeur américain Francis Fukuyama, La Fin de l’histoire et le dernier homme, publié après la fin de la Guerre froide, marquée par la victoire stratégique des Américains et l’absence d’un véritable rival, les États-Unis s’étaient érigés en gendarme du monde. Pendant ce temps, la Chine de Deng Xiaoping était en train de bâtir une nouvelle puissance à travers des réformes économiques ambitieuses.
Depuis le 11 septembre 2001, l'oncle Sam s'est embourbé dans plusieurs guerres très coûteuses tel que l'Afghanistan, l'Irak ,la lybie et la Syrie dans une moindre mesure , Vue que à cet époque les américains dominait le monde tant par leurs puissances financières , technologiques et leurs monde de vie , du coup ils pouvaient dictée leurs bon vouloir au reste du monde, cependant à partir de 2010 plus précisément la République populaire de Chine est entrain de monter la pente a vitesse grand V, et l'empire du milieu était de combler ces retards par rapport à l'Occident , longtemps considérée comme l'atelier du monde à bas gamme, en moins de 20 ans, la Chine a surclassé l'occident dans différents secteurs tel que l'automobile , ingénierie et les nanotechnologies.
La visite du président américain Donald Trump marque un tournant majeur dans les relations sino-américaines. L’administration Trump privilégie une stratégie fondée sur la diplomatie des tarifs douaniers à l’égard des grandes puissances économiques, notamment la Chine. Cependant, consciente désormais de sa puissance, la Chine entend répondre avec fermeté aux pressions américaines.
Première puissance consommatrice du monde, pays disposant de l’une des plus importantes réserves d’épargne et leader dans le secteur hautement stratégique des terres rares, indispensables à la fabrication des technologies de pointe, des armements modernes et des systèmes liés à l’intelligence artificielle, la Chine a adopté plusieurs contre-mesures face à États-Unis. Pékin a notamment restreint l’accès de certaines entreprises américaines à son marché et imposé des limitations sur l’exportation de minerais stratégiques.
Parallèlement, la Chine cherche à s’affirmer davantage sur la scène internationale comme une puissance stabilisatrice, défendant un modèle alternatif à celui de « l’Oncle Sam ». L’« empire du Milieu » tente ainsi de projeter l’image d’un acteur favorable au multilatéralisme, à la coopération économique et à un ordre mondial moins dominé par les États-Unis.
Après ce que Caracas qualifie de « kidnapping » du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis lors de l’opération américaine de janvier 2026, la Chine a subi un choc stratégique important. Plusieurs médias internationaux ont rapporté que Washington avait capturé Maduro au cours d’une opération militaire controversée, dénoncée par Caracas comme une violation du droit international.
Al Jazeera
Le Venezuela constituait en effet l’un des principaux fournisseurs de pétrole bon marché de la Chine. Or, en tant que première puissance manufacturière mondiale et « atelier du monde », Pékin possède des besoins énergétiques colossaux et constants. Dans cette logique, la guerre opposant les Américains et les Israéliens à la Iran a également été perçue par les stratèges chinois comme une menace directe contre leurs intérêts énergétiques et géopolitiques.
Selon plusieurs analyses géopolitiques, Pékin aurait alors renforcé discrètement son soutien à Téhéran, notamment à travers le partage de renseignements, des technologies à double usage et un appui diplomatique indirect. La Chine aurait également joué un rôle discret mais crucial dans certaines négociations difficiles entre les Iraniens et les Américains, cherchant avant tout à éviter une déstabilisation majeure du Moyen-Orient susceptible de perturber ses approvisionnements énergétiques et l’équilibre économique mondial.
La visite du président américain Donald Trump en Chine a, pour de nombreux observateurs, illustré l’évolution du rapport de force entre les deux puissances. L’image projetée par le président chinois Xi Jinping, associée à la posture plus prudente de Donald Trump durant les négociations, a renforcé l’idée d’un rééquilibrage stratégique mondial où les États-Unis ne peuvent plus imposer unilatéralement leur volonté comme au lendemain de la Guerre froide.
Dans ce contexte, l’évocation par Xi Jinping du « piège de Thucydide » revêt une portée symbolique majeure. Ce concept, popularisé par le professeur américain Graham Allison dans son ouvrage Destined for War, décrit le risque de conflit lorsqu’une puissance émergente rattrape une puissance dominante. En étudiant seize cas historiques, Graham Allison estime que douze d’entre eux ont débouché sur des affrontements armés, allant de la rivalité entre Guerre du Péloponnèse dans l’Antiquité jusqu’aux tensions entre l’Empire allemand et l’Empire britannique à la veille de la Première Guerre mondiale.
Par ailleurs, l’un des piliers majeurs du soft power américain, à savoir la domination du dollar, semble progressivement s’éroder sous l’effet des recompositions géoéconomiques mondiales. Des puissances comme la Chine cherchent désormais à réduire leur dépendance au système financier dominé par les États-Unis, notamment à travers les échanges en monnaies locales, le développement des BRICS et la création de mécanismes financiers alternatifs. Pékin se projette ainsi de plus en plus comme un prétendant crédible à la première place dans l’ordre international du XXIe siècle.
Wilfrid Joseph



